France → Canada
2015Family
Raison
Work
Parti avec
My husband - my son (1,5 years) and our cat Sweetie (5 years)
7/10
Satisfaction
4/10
Difficulté
More Expensive
Ressenti Coût
Langue originale : EN
Traduire en:
Le témoignage
Quelle a été la plus grande surprise ?
Nous ne sommes pas partis sur un coup de tête.
En 2015, nous avons quitté la France pour le Québec avec cinq valises, un enfant d’un an et demi, et un dossier d’immigration construit pas à pas. Un CSQ, des mois de démarches, de documents vérifiés, re-vérifiés. Cyril avait un emploi, un permis de travail fermé. Moi, un permis de travail ouvert. Sur le papier, tout était en ordre.
Et pourtant, rien ne prépare vraiment à ce que signifie recommencer sa vie ailleurs.
La plus grande surprise n’a pas été le froid ni l’éloignement, mais tout ce qu’il faut laisser derrière soi pour faire de la place au nouveau. Le Canada ne nous a pas seulement offert des opportunités : il nous a mis face à nous-mêmes. Il nous a appris à nous faire confiance quand plus rien n’était familier. Lentement, presque en silence, ce pays est devenu notre maison — non pas parce que c’était facile, mais parce que nous avons osé rester ouverts.
Qu’auriez-vous aimé savoir avant de partir ?
Nous aurions aimé savoir qu’il n’y a jamais de moment parfait.
On peut attendre d’avoir plus d’économies, plus de certitudes, plus de garanties. Mais la vie ne fonctionne pas ainsi. Il y aura toujours une bonne raison de repousser, de douter, de rester là où l’on est. Nous pensions qu’être “prêts” signifiait tout maîtriser. Ce n’est pas le cas.
Ce qui compte vraiment, c’est croire en soi, même quand la peur est là. Le vrai basculement ne se produit pas lorsque tout est sécurisé, mais lorsque l’on décide de faire confiance à sa capacité d’adaptation. L’avoir compris plus tôt nous aurait permis d’arrêter de chercher le bon timing et de commencer à croire en nous.
Comment avez-vous créé des liens ?
Pas à travers de grands moments, mais grâce à de petits actes de courage.
Dire oui à des conversations malgré l’accent. Accepter de l’aide. Aller vers les autres même quand c’est inconfortable. Un voisin, un collègue, des parents croisés à la sortie de la garderie — des rencontres simples qui, mises bout à bout, ont donné naissance à notre premier sentiment d’appartenance.
Ces liens n’ont pas fait disparaître la solitude, mais ils l’ont rendue plus douce. Ils nous ont rappelé que la communauté ne se crée pas du jour au lendemain : elle grandit lorsque l’on accepte d’être vu tel que l’on est.
Recommanderiez-vous cette aventure à d’autres ?
Oui — parce que la vie ne récompense pas uniquement la prudence.
Partir vivre ailleurs apprend une chose essentielle : on n’a pas besoin d’avoir toutes les réponses pour avancer. Il faut du courage. Il faut de la confiance. Et parfois, il faut simplement oser.
Si l’idée de partir revient sans cesse, malgré les peurs et les doutes, c’est rarement un hasard. Il n’y a pas de moment idéal, seulement celui que l’on choisit. Les vies les plus riches ne se construisent pas sur des certitudes, mais sur la décision de croire en soi et d’avancer quand même.
C’est ce que nous avons fait.
Et cela a changé nos vies.